Bitland redessine la carte de l’Afrique grâce à la blockchain

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Par 12 février 2016

En utilisant la technologie infalsifiable de la blockchain, Bitland compte enregistrer le cadastre de nombreux pays africains.

En Afrique, 90% des territoires ruraux ne sont pas enregistrés dans un cadastre officiel. Un problème de fond qui touche aussi certaines grandes villes où des personnes n’ont toujours pas d’adresse. Outre l’impossibilité de recevoir du courrier, de faire valoir son titre de propriété et d’en tirer les bénéfices, l’impact sur l’économie est considérable : le e-commerce ne peut pas fonctionner sans adresse de livraison.

Bitland, une organisation basée au Ghana, s’est donnée pour mission de permettre aux institutions et aux personnes privées qui le souhaitent de permettre l’arpentage de leurs territoires et d’enregistrer leurs actes fonciers sur une blockchain. Issue d’une technologie d’abord appliquée aux bitcoins, la blockchain est un système de partage et de stockage d’informations transparente, publique et sécurisée. Depuis la création de cette monnaie virtuelle en 2009, chaque bitcoin est enregistré dès sa création dans un fichier partagé entre tous les utilisateurs. Tous les transferts financiers y sont répertoriés, ce qui permet de repérer toute création de faux. Réputée impiratable et ineffaçable, la chaîne de traçabilité des bitcoins a fait ses preuves et le système est aujourd’hui exporté dans de nombreux domaines, dont celui de la propriété privée.

Une partie du cadastre de Kumasi répertorié par Bitland.

Quiconque désirant inscrire son terrain sur le cadastre de sa ville  peut remplir un formulaire disponible sur internet. Les données sont ensuite enregistrées dans la blockchain et il est impossible de les en sortir afin d’éviter le piratage des données. En 2015, le gouvernement du Honduras a fait appel à Epigraph, un organisme similaire à Bitland, pour répertorier l’entièreté de son territoire sur la blockchain et éviter que les plus riches ne s’octroient des biens qu’ils ne possèdent pas.

Pour l’instant en train de développer son projet pilote dans la ville de Kumasi au Ghana, Bitland se donne cinq ans pour convaincre les autres pays d’Afrique d’adopter sa solution. Le projet faisait partiedes dix innovations retenues par le Forum Netexplo 2016 dont L’Atelier BNP Paribas était partenaire, les 10 et 11 février dernier.

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